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L’hommage de Sarkozy à Jean-Paul II

Ecrit par
Guillaume TABARD Les Echos

Ce sera son troisième déplacement au Vatican depuis son élection. Dans deux mois, dimanche 1 er mai, Nicolas Sarkozy se joindra aux deux ou trois millions de pèlerins attendus à Rome pour la béatification de Jean-Paul II.

En plein débat sur la laïcité, le chef de l’Etat entend assumer un hommage à ce pape qui a « infléchi le cours de l’histoire », comme il le dira en annonçant, sans doute demain, sa décision.

Cette décision, il le sait, relancera le procès en lèse-laïcité qui lui est régulièrement intenté. Ne lui reproche-t-on pas encore d’avoir estimé, lors de sa première visite romaine, le 20 décembre 2007, que « dans l’apprentissage de la différence du bien et du mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur » ? Ne l’avait-on pas accusé, lors de sa deuxième visite, le 8 octobre 2010, de s’être signé en entrant dans la basilique Saint-Pierre ?

Décidé à assumer sa vision d’une « laïcité positive », Nicolas Sarkozy délivrera ainsi trois messages. D’abord rendre un hommage personnel à Jean-Paul II, présenté, avec De Gaulle, à la veille du premier tour de 2007, comme le personnage qui « l’inspirait » le plus. Témoigner ensuite son estime à Benoît XVI. « J’aime bien ce pape », confie-t-il, en s’identifiant entre les lignes au successeur de Jean-Paul II que les attaques – y compris de son camp -ne font pas céder au politiquement – ou au religieusement -correct. Et dont une phrase sur l’accueil de l’étranger avait été improprement interprétée par des catholiques français comme une condamnation de son action face aux Roms.

Troisième et principal objectif : assumer la place des religions dans « l’identité nationale ». C’est l’un des derniers terrains sur lesquels il poursuit la rupture avec un Jacques Chirac qui avait refusé d’assister à la messe célébrée à Reims par Jean-Paul II pour l’anniversaire du baptême de Clovis et qui s’était battu contre la mention des racines chrétiennes dans la Constitution européenne. Pour Nicolas Sarkozy, une réflexion dépassionnée sur la place de l’islam en France – le débat du moment -va de pair avec une reconnaissance assumée du rôle du christianisme dans l’histoire et dans l’identité du pays. Si la République « ne laissera jamais aucune religion, quelle qu’elle soit, lui imposer sa loi », le chef de l’Etat veut prouver, par son voyage à Rome, qu’un regard positif sur la foi est le meilleur antidote à la crainte d’un « choc des religions ».

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